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Hypertrophie bénigne de la Prostate

BPHQu’est-ce que l’hypertrophie bénigne de la prostate (HBP) ?
Histologiquement, l’HBP est définie par une hyperplasie stromale (fibromusculaire) et épithéliale (glandulaire) de la zone de transition et périurétrale de la prostate (1).
En cas d’hypertrophie bénigne de la prostate, la prostate devient plus grande et exerce plus de pression sur l’urètre et la vessie entraînant parfois des symptômes au niveau du bas appareil urinaire : miction fréquente, impérieuse et incomplète, faiblesse du jet, dysurie et nycturie (2).
Prévalence
L’HBP est la maladie urologique la plus fréquente chez les hommes âgés (3). A l’âge de 80 ans, 90% des hommes présentent une hypertrophie de la prostate (4). Cependant, tous n’en souffrent pas : la prévalence est la plus basse à 45-49 ans (2,7 %) et augmente avec l’âge allant jusqu’à 46% (5). Après 50 ans, deux hommes sur trois souffrent des symptômes du bas appareil urinaire (SBAU) liés à l’HBP (6).

Histoire naturelle
Du fait de sa localisation autour de l’urètre, l’augmentation de volume de prostate, phénomène naturel, et habituellement bénin, finit par rétrécir le diamètre de l’urètre dans cette partie de son trajet (urètre prostatique). A partir de ce moment l’HBP est responsable des symptômes du bas appareil urinaire (SBAU).
Les complications de l’HBP sont parfois en rapport avec des troubles de remplissage, mais surtout de vidange de la vessie. Elles peuvent être d’ordre irritatif ou obstructif.
Parmi les complications d’ordre irritatif, pollakiurie, impériosités, et mictions nocturnes sont des signes et symptômes de découverte habituelle de l’HBP.
Parmi les troubles obstructifs, sont retenus : une diminution de la puissance du jet, des mictions en plusieurs fois, une stase urinaire soit de constitution progressive et souvent sournoise, aboutissant à une rétention chronique, soit de constitution rapide, parfois sur un fond de rétention chronique, pouvant aboutir à une rétention aiguë des urines.
La sévérité des troubles n’est pas toujours proportionnelle à l’augmentation de volume prostatique. En effet, certains patients dont le volume prostatique est quasi normal ont des troubles urinaires importants, tandis que d’autres dont la prostate est très augmentée de volume, n’ont aucun trouble. De plus, les troubles peuvent évoluer avec le temps, et retentir sur la qualité de vie de l’homme de façon variable (6).
Diagnostic
L’interrogatoire et l’examen physique comprenant un toucher rectal (palpation de la prostate à travers le rectum), l’examen d’urine par bandelette urinaire ou examen cytobactériologique, la débitmétrie et la mesure du résidu post-mictionnel font parti du bilan de première intention recommandé pour explorer des SBAU d’un homme.
Il est admis que les SBAU et les traitements de l’HBP ont un impact sur la sexualité. Par conséquent, l’évaluation de la fonction sexuelle, notamment par un questionnaire, est recommandée dans le bilan initial.
Le dosage d’un marqueur spécifique des cancers de la prostate, appelé « prostatic specific antigen » (PSA) : Sa négativité permet d’éliminer le diagnostic de cancer prostatique (1).
Prise en charge (7)

Mesures générales : Chez les hommes présentant des symptômes légers d’une hypertrophie bénigne de la prostate, l’Association Européenne d’Urologie conseille un suivi attentif; les symptômes peuvent être améliorés par des techniques d’autosuggestion : Eviter les boissons contenant de la caféine, boire moins le soir, uriner en deux temps (par exemple d’abord debout, ensuite assis), ne pas prendre de diurétique au coucher.

Traitements médicamenteux : un traitement médicamenteux n’est que recommandé lorsque les symptômes persistent et constituent une gêne pour le patient. Plusieurs médicaments sont possibles : Les α1-bloquants, les inhibiteurs de la 5-α-réductase, Inhibiteurs de la Phosphodiestérase de type 5 et la phytothérapie.

Traitement chirurgical : proposé chez les patients présentant des symptômes sévères ou des complications.

Autres traitements : Laser, thermothérapie, electrovaporisation.

Messages essentiels
Les symptômes que présentent les patients atteints d’une hypertrophie bénigne de la prostate (HBP) sont très variables. Des symptômes d’HBP ne justifient pas systématiquement une recherche
active d’un cancer de la prostate. La nécessité de traiter l’HBP doit être évaluée en fonction des plaintes du patient.
Les médicaments n’ont qu’un effet limité sur les symptômes (4).

Références
1. Descazeaud A, Robert G, Delongchamps NB, Cornu J-N, Saussine C, Haillot O, et al. Bilan initial, suivi et traitement des troubles mictionnels en rapport avec hyperplasie bénigne de prostate : recommandations du CTMH de l’AFU. Progres En Urol J Assoc Francaise Urol Soc Francaise Urol. déc 2012;22(16):977‑88.
2. Webber R. Benign Prostatic Hyperplasia. Am Fam Physician. 1 oct 2004;70(7):1325. 3. Eleazu C, Eleazu K, Kalu W. Management of Benign Prostatic Hyperplasia: Could Dietary Polyphenols Be an Alternative to Existing Therapies? Front Pharmacol. 28 apr 2017;8:234
4. Hypertrophie benigne de la prostate [Internet]. CBIP. [cité 19 juin 2017]. Disponible sur: http://www.cbip.be/fr/start
5. Verhamme KMC, Dieleman JP, Bleumink GS, van der Lei J, Sturkenboom MCJM, Artibani W, et al. Incidence and prevalence of lower urinary tract symptoms suggestive of benign prostatic hyperplasia in primary care–the Triumph project. Eur Urol. oct 2002;42(4):323‑8.
6. Haute Autorité de Santé – Traitement des symptômes du bas appareil urinaire liés à l’hypertrophie bénigne de la prostate par laser – Rapport d’évaluation technologique
[Internet]. [cité 19 juin 2017]. Disponible sur: https://www.hassante.fr/portail/jcms/c_827591/fr/traitement-des-symptomes-du-bas-appareil-urinaire-liesa-l-hypertrophie-benigne-de-la-prostate-par-laser-rapport-d-evaluation-technologique
7. Hypertrophie bénigne de la prostate [Internet]. CBIP. [cité 20 juin 2017]. Disponible sur: http://www.cbip.be/fr/folias/1207